La Basilique vue par Marie Martel

Le 26 juillet 1896, fête de Sainte Anne, devait être un grand jour.

On célébra l’affiliation de la paroisse à l’adoration perpétuelle de Montmartre (Sacré-cœur de Montmartre). Toutes les personnes pieuses de Tilly et étrangers venus pour la fête s’unirent aux enfants et aux religieuse de l’école libre à une neuvaine en l’honneur de Sainte Anne. Le R.P Lesserteur nous décrit dans le rapport du congrès marial de Fribourg de 1902 (page 407 et suivantes) la première vision de la Basilique par les enfants, les religieuses et par une dame étrangère venue pour la fête :

Le lendemain, dimanche 26 juillet, fête de la Sainte Anne devait être ce grand jour…

Au lieu même des apparitions, à droite de l’ormeau mais en arrière, se dressait une basilique resplendissante, d’un blanc éclatant, ressortant avec vigueur sur le fond du ciel, très chargé et très noir en ce moment…

C’était composé de tours, de tourelles, de clochetons, gracieux et majestueux à l’infini, que les heureuses voyantes ne pouvaient se lasser de contempler, mais qu’elles se déclarèrent ensuite incapables de reproduire.

rapport du congrès marial de Fribourg de 1902, pages 407, R.P LESSERTEUR

A partir du 26 mai 1897 les apparitions ont lieu de l’autre côté de l’ormeau, dans l’herbage. Marie Martel y reçoit la vision d’une immense basilique dont Notre-Dame lui fait visiter l’extérieur et l’intérieur au cours de certaines extases qui lui sont consacrées entre le 26 mai 1897 et le 1er octobre 1898.

Le 26 mai 1897, Marie Martel entre dans cette pâture, de l’autre côté de la barrière séparant le champ des apparitions d’un herbage situé derrière l’ormeau. Elle parcourt une centaine de mètres et tombe à genoux, à l’endroit où elle aura les apparitions de la Basilique. C’est le point central du dôme de la future basilique (rapport du congrès marial de Fribourg de 1902, page 415).

Plusieurs fois au cours du mois d’août 1897 notamment le 15 (fête de l’Assomption de Notre-Dame), puis le 8 septembre (Nativité de la Vierge) Marie Martel, en extase, contemple l’intérieur et l’extérieur de la basilique :

La journée, pour Marie, a été une journée terrible de souffrances des pieds. Elle va au Champ. Ce soir, vision de la Basilique, intérieurement et extérieurement. Elle n’a pas fait le tour du chœur…

M. L’Abbé Guéroult

Le 8 septembre 1898, elle parcourt pour la dernière fois l’intérieur de la future Basilique. A la suite de cette vision, elle est inspirée de fixer elle-même sur le papier le dessin qu’elle a vu.

Comme le R.P Lesserteur nous le décrit dans le rapport du congrès marial de Fribourg de 1902, pages 416 et suivantes :

Voici, en quelques mots, la description de cette basilique :

Elle est orientée liturgiquement de l’ouest en l’est, et forme un vaste rectangle de 120 mères environ de longueur, sur 30 à 32 de largeur.
Les quatre angles sont surmontés de quatre clochers, ornés de filets d’or.
En avant du chœur, un immense dôme, à triple rangée de quinze clochetons, s’élève au-dessus du transept, et le couvre tout entier.
A partir du transept, la basilique se compose d’une nef principale et de deux bas-côtés.
De chaque côté il y a quinze fenêtres avec autant de clochetons.
Les gros piliers de l’intérieur sont formés d’une colonne centrale entourée de 14 colonnettes.
Il y a quinze marches pour arriver à la plate-forme sur laquelle repose l’édifice ; et une bordure en pierres sculptées court tout le long de la toiture, avec des roses, comme motif principal de décoration.

rapport du congrès marial de Fribourg DE 1902, pages 416 et 417, R.P LESSERTEUR

La R.P Lesserteur nous décrit en détail les autels et les statues de la Basilique :

Il y a, en tout, quinze autels, qui se distribuent comme suit :

Au-delà de la coupole se trouve le maître-autel, surmonté par derrière – au fond du chœur – par une belle statue de la Vierge, que domine un grand Christ qui pend de la voute.

Aux côtés de l’autel se dressent les statues de Saint Joseph, du côté de l’épitre, et de Saint Michel, du côté de l’évangile : le premier, époux et gardien fidèle de la Vierge sur la terre, et maintenant patron de l’Église universelle ; le second, ange tutélaire de l’Église du Christ, et protecteur spécial de la France.

La statue de ce grand archange, que Léon XIII fait invoquer par tous les prêtres du monde, après leur messe, à l’effet de refouler tous les démons au fond de l’enfer, se trouve encore placée à l’extérieur, sur le porche de la façade principale, et commande pour ainsi dire l’entrée.

Du côté de l’épitre, sous le dôme, un grand autel, derrière lequel la statue du Sacré-Cœur.
En face, du côté de l’évangile, un grand autel, avec la statue de Sainte Anne.

rapport du congrès marial de Fribourg DE 1902, pages 416 et 417, R.P LESSERTEUR

Les autels latéraux :

Les six petits autels, dressés le long du mur, du côté de l’épitre, sont dédiés, à partir de la coupole, à :

– Saint Joachim, époux de Sainte Anne, père de la Sainte Vierge et patron de Léon XIII ;
– Saint Jean-Baptiste ;
– Saint Paul ;
– Saint Jean l’Évangéliste ;
– Saint Gabriel Archange ;
– Saint Pierre.

En face, du côté de l’évangile à partir du dôme, les six petits autels sont dédiés à :

– Notre Dame des Sept-Douleurs ;
– Notre Dame de Graçay ;
– Notre Dame du Mont-Carmel ;
– Notre Dame des Armées ;
– Saint Antoine de Padoue ;
– Notre Dame du Rosaire.

rapport du congrès marial de Fribourg DE 1902, pages 416 et 417, R.P LESSERTEUR

Un ami ingénieur a constitué des plans à partir des descriptions de Marie Martel.

Le R.P Lesserteur nous décrit encore que de nombreuses aux statues seront présentes. Il décrit encore deux statues importantes :

Près de la porte d’entrée était encore une chapelle vide, où se trouvait seulement un piédestal sans statue, et comme la voyante sen témoignait son étonnement, la Sainte Vierge lui fit comprendre que c’était la statue de Jeanne d’Arc, qui devait y être placée, lorsqu’elle serait honorée d’un culte public.

Enfin, à l’extérieur, sur ce dôme formé d’une triple rangée de couronnes superposées, domine une statue colossale du Christ Rédempteur, les bras ouverts et largement étendus, avec un cœur de flammes brillant sur la poitrine. Le dôme, en forme de tiare, qui lui sert de grandiose piédestal, n’est-il pas l’emblème symbolique de sa royauté sur le monde, proclamée par Léon XIII, au déclin du siècle qui vient de disparaître ?

RAPPORT DU CONGRES MARIAL DE FRIBOURG DE 1902 PAGE 418, R.P LESSERTEUR

On remarque que la Basilique future de Tilly symbolise avec ses quinze autels, ses quinze marches, ses quinze piliers, et son Sacré-Cœur les dévotions que le Pape Léon XIII essaya d’étendre, notamment le Rosaire.