Le sacre de Charles VII

De nombreuses et radieuses figures défilent sous les yeux de Marie Martel ; elle peut admirer : la Vierge Enfant avec Sainte Anne et Saint Joachim, ses parents ;   Saint Jean Baptiste ; Sainte Marthe ; Sainte Philomène ; Sainte Radegonde (qui la guérit d’une vilaine entorse alors qu’elle se rend en pèlerinage à Lourdes), Saint Martin, Saint Benoit.

Mais Sainte Jeanne d’Arc occupe une place particulière parmi tous les Saints qui sont apparus à Tilly-sur-Seulles. La présence de la petite bergère de Domrémy qui voit sa cause de béatification avancer à grands pas en cette fin du XIXe siècle, va prendre soudain un relief saisissant dans l’ensemble des faits de Tilly.

M. l’Abbé Guéroult écrit concernant l’apparition du 16 mai 1897:

Au milieu du mois (mai) le 16, je crois, elle voit Jeanne d’Arc. On voit même dans ses yeux son étendard surmonté d’une croix sur laquelle vient se poser une colombe. Elle a son bouclier, un habit fleurdelisé, ses cheveux flottants et bouclés, son épée à la main droite…

M. L’ABBé GUéROULT

Le lien entre Tilly et sainte Jeanne d’Arc commence avant les apparitions.
En 1892, Jeanne d’Arc n’était pas encore déclarée vénérable et, déjà, l’abbé Guéroult, curé doyen de Tilly, propageait cette dévotion, notamment à une aveugle, Rose Savary. Or, elle fut guérie pendant sa neuvaine à Jeanne d’Arc. Ce miracle intéressa les autorités en vue de la canonisation.

Le 16 mai 1897, l’évêché d’Orléans envoya à l’abbé Guéroult un questionnaire, qui fut ensuite versé au procès de canonisation de la sainte.

Le ciel confirmera que cette guérison miraculeuse vient bien de l’intercession de Sainte Jeanne d’Arc.

Marie Martel témoigne elle-même :

Mois de mai 1897 : je vis Jeanne d’Arc ; je ne la connaissais pas. Je vis sur une petite banderole : VENERABLE JEANNE D’ARC – VENERABLE JEANNE D’ARC…La Sainte Vierge me dit qu’elle réapparaîtrait au moment d’un grand danger et, de nouveau, elle viendrait sauver la France. Elle réapparaîtra partout où elle a passé. Le dernier mot fut : « Pauvre Rouen ! Malheur à Rouen ! »

MARIE MARTEL

Jeudi 2 septembre 1897, Marie a une extase d’une demi-heure…Deux anges tiennent une banderole, qui fait voir qu’elle sera bientôt canonisée, ou du moins béatifiée.

Samedi 27 novembre 1897, notre voyante a une extase de quarante minutes :

Il lui est annoncé qu’on ne dira plus longtemps « Vénérable » Jeanne d’Arc mais qu’une première difficulté est déjà aplanie pour sa béatification. Monseigneur d’Orléans est parti pour Rome, emportant le dossier concernant la guérison miraculeuse de la cécité de Rose Savary (demeurant à Hottot-les-Bagues, à 5 kms de Tilly) survenue au cours d’une neuvaine de prières à la Vénérable Jeanne d’Arc.

MARIE MARTEL

Marie avoue qu’elle l’a vue en tout plus de cent fois :

Après la Sainte Vierge, je n’ai jamais rien vu de si beau !

MARIE MARTEL

Parfois l’humble fille laisse jaillir de son cœur les invocations les plus ardentes, car la Vierge lui recommande de prier la future bienheureuse.

Le 31 mai 1898 clôture la fin de ce cycle merveilleux. Jeanne d’Arc, apparaîtra une dernière fois à Marie Martel, selon sa promesse, au trentième jour de sa béatification, le 17 mai 1909. Sa chevelure est ornée de deux lys, l’un épanoui, l’autre en bouton : le lys ouvert, symbolisant la béatification, le splendide bouton au-dessus de la fleur, annonçant la canonisation.

Le 16 mai 1920 à Rome, soit 23 ans plus tard, jour pour jour, Jeanne fut déclarée sainte à Rome.