C’est le 2 février 1897 que la Vierge se fait connaître et prier en tant que « Reine du Très Saint Rosaire » pour la première fois. Marie Martel décrit ainsi cette apparition :

Je vis la Sainte Vierge égrener son Rosaire, et c’est sur celui de la Sainte Vierge que je suivais les “Ave”. A la fin du Rosaire, je disais : – “Notre Dame du Très Saint Rosaire… Aussitôt, je vis une banderole lumineuse sur laquelle ces mots étaient écrits en lettres d’or : REINE DU TRÈS SAINT ROSAIRE PRIEZ POUR NOUS QUI ESPÉRONS TOUS EN VOUS !

Marie MARTEL – TOME I – page 152

Cette appellation sera reprise et incorporée au Rosaire, le complétant avec les mystères joyeux, douloureux et glorieux donnés quelques mois plus tard à Marie Martel.

Extraits du compte-rendu du congrès marial international de Fribourg de 1902 pages 413 et 414 :

Pendant la récitation du rosaire, par exemple entre les dizaines, la voyante entremêlait quelquefois des invocations, entre autres celle de « Notre Dame du Très Saint Rosaire, priez pour nous ». Or, le jour de Pâques, 18 avril 1897, deux des anges, qui étaient agenouillés aux pieds de la Vierge, déroulèrent tout à coup devant elle une banderole, sur laquelle étaient inscrits ces mots : « Reine du Très Saint Rosaire… ».

Depuis 1883, Léon XIII n’avait cessé de recommander au monde chrétien la dévotion du rosaire, avec une insistance que jamais pape n’avait mise pour accréditer une autre dévotion.
En 1885, il décrète que le mois d’octobre sera désormais consacré au Rosaire, d’une manière permanente, tant que la condition de l’Église ne sera pas notablement améliorée.
En 1897, année à laquelle nous sommes arrivés, Léon XIII fait de nouveau un rappel des plus pressants de toutes ses encycliques précédentes sur le Rosaire et sur le mois qu’il a consacré à cette dévotion.
Juste à ce moment, la Vierge à Tilly vient aider au Pontife infatigable, pour faire écho à sa voix, et pour lui prouver en même temps, par son intervention directe, qu’il n’a pas tort de mettre sa confiance dans l’arme du Rosaire, et qu’il peut être assuré que le succès final sera attaché à la persévérance.

Écoutez, Messieurs, ce qui se passa alors:
Jusque là, on avait récité au champ des apparitions des centaines et des milliers de chapelets, mais sans y joindre la méditation des mystères, comme il est plus conforme à l’esprit de l’Église de le faire, surtout depuis que Léon XIII en a recommandé la pratique.

Or, vers la fin du mois de septembre, la Vierge fait apparaître un jour, aux yeux de la voyante, une banderole, tenue par deux anges, sur laquelle sont inscrits à la suite ces mots: « Mystères joyeux. Mystères douloureux. Mystères glorieux » ; puis elle lui lui annonce que désormais, en récitant le Rosaire, elle devra méditer les mystères, ce à quoi la jeune fille répond qu’elle ne les connaît pas. Alors cette bonne Mère pousse la condescendance jusqu’à se faire elle-même l’institutrice de son enfant.

Le 30 septembre, elle commence par lui montrer, mais seulement pendant quelques instants, une longue bande blanche, sur laquelle est écrite, de haut en bas, toute la suite des mystères.
Le lendemain, 1er octobre, la Vierge se montre de nouveau, tenant entre les derniers doigts de ses mains la même inscription, écrite en caractères cursifs. La série des mystères et des grâces à demander commence en haut, tout près des doigts de la Vierge. Au fur et à mesure qu’une dizaine est achevée, la bande s’enroule jusqu’au mystère suivant, que la voyante lit à haute voix, puis elle continue à réciter les Pater et les Ave, en se fixant sur les grains du rosaire qui glisse entre les doigts de la Vierge.
Le texte de ces mystères continua à être montré à la voyante, jusqu’à ce qu’elle les eût appris de mémoire, et pût les réciter sans se tromper.

Il serait trop long de donner ici le texte de ces formules, Qu’il me suffise de dire que l’ordre et la distribution des mystères y sont conformes à l’ordre traditionnel. L’énoncé du mystère et de la grâce à demander est net, précis, sans longueur ; au point de vue doctrinal, non seulement il répond aux données de la plus saine théologie, mais il offre un résumé admirable, théorique et pratique de la vie et des vertus chrétiennes.

Voici comment les appréciait, en octobre de l’année dernière, un évêque de France, s’adressant à un de ses prêtres, qui les lui fit connaître, assez longtemps auparavant : « Nulle part, et je connais beaucoup de ces formules des mystères du Rosaire, nulle part je n’ai trouvé rien d’aussi beau, d’aussi élevé, et en même temps d’aussi pratique pour tout le monde; c’est simple, mais c’est très profond pour ceux qui veulent réfléchir… Vous ne pouvez trouver mieux, à mon avis; je voudrais qu’il fût possible de les réciter partout. »